Les contre-voeux des gardiens de troupeaux

Le 12 janvier, la chambre d’agriculture de l’Isère, aux mains de la FDSEA, organisait sa cérémonie officielle des vœux. Pour les gardiens de troupeaux, l’année 2025 a été marquée par l’irrespect et les abus de la part de nos employeurs et de leurs organisations patronales, FNSEA en tête. Le SGT38 a donc décidé d’organiser des contre-voeux, pour faire entendre la voix des oubliés de la production agricole : ses salariés.

Les contre-voeux

Quand les brebis sont forcées, elles sont appelées « salopes ». Quand un travail est mal fait c’est un travail « d’arabe ».

Chers camarades,
Déjà on vous remercie pour votre présence. C’est un honneur et un plaisir de vous retrouver pour cette cérémonie des vœux, à la fois simple et sans confort, exactement à l’image de nos vies.
Comment s’est passée l’année 2025 ? Et comment elle s’est passée pour les gardien.nes de troupeaux ? Une année de plus marquée par des perspectives et des événements heureux et malheureux. Une année où le patronat agricole, encore une fois, nous envoie des cadeaux par milliers…

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1 er cadeau des patrons : Grâce à eux nous avons pu sur la quasi-totalité de nos missions : Travailler gratuitement, par passion ! Sans compter ! Plus précisément :
En 2025 nous avons encore été obligé de travailler 7j/7, en continue pendant 4 mois ; c’est 70h en moyenne par semaine, payés 35h ou 44h seulement.
En 2025 nous avons aussi été contraints de signer des fausses fiches horaires au risque de ne pas être payé : une pratique illégale déjà dénoncée l’an passé.
« Ah faut dire quand on est passionné on n’est pas non plus à la demi-heure près »

2 ème cadeau des patrons : Les patrons nous offrent massivement de nous passer de l’infernale paperasse réglementaire tellement pesante pour les exploitants. Plus précisément :
En 2025 il a été très courant pour nous de recevoir nos contrats de travail plus d’un mois après l’embauche. Et parfois surprise ! Ça ne correspond pas à ce qui a été annoncé ; mais tu es déjà en poste avec toutes tes affaires héliportées ! « On va pas chipoter non plus c’est juste un papier, signe là on verra ensuite avec le comptable ! »
En 2025, courant aussi de ne pas recevoir sa paye et ses bulletins de paye à la fin du mois. « Mais non reste là-haut tu vas pas descendre pour ça, je te donnerai les chèques à la fin de la saison »
En fin de saison 2025, en guise de remerciement, on a un chantage aux papiers de fin de contrat : «Si tu veux ton attestation employeur pour France Travail, tu signe ce solde de tout compte, qui est faux ».
« Et si t’es pas contente je te retire encore le prix des brebis qui sont morte là-haut »
Et enfin en 2025, si ça coince côté trésorerie de l’employeur, tu peux subir une forte pression pour signer une rupture à l’amiable pour mettre fin à ton CDD de manière prématurée.

3 ème cadeaux des patrons : Travailler dans un métier technique, cela en grande autonomie, mais sur les papiers, incroyable : aucune qualification n’est reconnue ni valorisée par le salaire. Plus précisément : Dans les exploitations, on ne parle jamais de la grille de classification règlementaire, celle figurant dans la convention collective nationale et qui indiquant des salaires minimum. C’est raccord avec le fait qu’on ne voit pas non plus passer de fiche de poste.
C’est uniquement le salaire inscrit sur l’annonce qui sera versé, et on trafiquera la fiche de paie pour que ça colle. La loi de l’offre et de la demande gagne sur la règlementation.
En 2025 on peut avoir la responsabilité entière du troupeau : c’est-à-dire seul à 2300 m d’altitude, devoir diagnostiquer, soigner, lire sur le terrain la progression de la ressource fourragère et y adapter notre conduite de troupeau, tout ça sans aucune qualification. Et payé au SMIC horaire.
Pour rappel, un travail agricole de cette technicité et autonomie ne peut légalement pas être rémunéré à moins de 14,33 € brut horaire contre 11,88 € au smic. Ça fait 20% de différence, mais c’est une précision utile uniquement pour vous autre très chers camarades ici présent, car la FDSEA et les patrons fraudeurs connaissent très bien cette différence qu’ils mettent directement de côte pour :

  • le pick-up (que toi tas pas),
  • agrandir la maison (que toi t’as pas)
  • ou pour les études des enfants (que toi t’as pas non plus).

4 ème cadeau : Nous avons pu encore cet été vivre loin des soucis matériels. Plus précisément :
Avoir des logements sans électricité, ni eau courante, ni douche.
C’est bien ça non ? C’est brave non ?
Tomber malades à cause d’eau non potable. Devoir gérer l’astreinte des bêtes ET se vider. Sans accès à un remplacement, ni médecin, se soigner avec les moyens du bord. C’est courageux non ?
Attraper des mycoses, entre les doigts de pied restant 16h par jours dans des vielles chaussures, des champignons entre les cuisses, du fait du frottement. Et tu dois remettre tes chaussures encore mouillées. Et les mycose des fois, ça reste même l’hiver. Est-ce que c’est brave ça ?
Être attaqué par des puces. Manger de l’urine de rongeur.
Est-ce que ÇA c’est courageux ?
Devoir se chauffer à la gazinière, n’avoir pas de détecteur de monoxyde de carbone et être intoxiqué au monoxyde de carbone. (Hospitalisé plusieurs jours, être en risque de mort)
Est ce que c’est brave ou c’est courageux les camarades ??

5 ème cadeau : Nous avons pu payer pour travailler, car ce boulot faut le mériter ! Plus précisément; nous avons utilisé et usé gracieusement notre véhicule personnel pour transporter sur des chemins les filets électriques, le sel, les chiens de protection et les animaux blessés.
Nous avons eu des véhicules de fonction dans le contrat mais pas dans la vraie vie.
Nous avons vu des éleveurs débarquer en 4×4 devant la cabane pendant que le reste de la saison, on porte nos courses pendant deux heures sur notre dos.
On a aussi payé l’entièreté de nos équipements de travail, des chaussures d’alpinisme au couteau pour parer les pieds des brebis.

6 ème cadeau : on nous apprend que la clé c’est le duo salarié-employeur. Pour Noël nous avons reçu de la part des employeurs, des violences. Plus précisément:
Des propos racistes, misogynes. Quand les brebis sont forcées, elles sont appelées « salopes ». quand un travail est mal fait c’est un travail « d’arabe ».

Un éleveur qui jumelle sa salariée, la menace de mort et l’agresse, il menace ses proches qui la visitent dans sa montagne.
En 2025 : des salarié.es angoissé.es de croiser leurs éleveurs qui les humilient. Alors on nous appelle, nous le syndicat, on nous écrit. Mais combien ne l’ont pas fait et sont resté seul.es dans ces situations ?

Et enfin, 7 ème et dernier cadeau : des accidents du travail comme s’il en pleuvait:
On rappelle que les DUERP sont obligatoires, et correspondent au premier pas vers une gestion de la sécurité et la santé au travail. Mais de ces DUERP on ne voit jamais la couleur.
Par contre ce qu’on voit souvent par centaines c’est des berger.es en situation de risque travaillant en zone blanche, sans réseau, à qui aucun dispositif de communication n’est fourni.
En 2025 on a pu voir : Plusieurs berger.es fulguré.es, dont certains éleveurs refusent de déclarer l’accident du travail.
Un berger mort foudroyé pendant qu’il soignait les brebis (à Prad-Haute-Bléone), aujourd’hui déclaré mort pendant ses repos. Il se reposerait sous l’orage.
Un berger qui s’est suicidé, en parlant dans sa lettre d’adieux de sa précarité et de son état physique détérioré par le travail qui l’empêchait de continuer à marcher
Un dérochement d’un berger débutant embauché sur une montagne réputée dangereuse : fracture et traumatisme crânien.
Des berger.es mis en arrêt, à qui on met la pression pour démissionner ou qu’on tente de licencier.

En parallèle à ces attentions toutes particulières du patronat, nous tenons aussi à souligner leur engagement quant à la bonne poursuite des négociations de nos conventions collectives :
En 2025 la FDSEA 38 rétropédale, après s’être exprimée favorable à une indemnisation pour les frais d’équipement.
Elle coupe les négociations iséroise des dernieres 3 années, et propose de recommencer la négociation à 0, cette fois ci au niveau régional. Même écho côté Savoie.
Une belle initiative de leur part, mais nous nous aimerions déjà finir ce que nous avions commencé. Pour les 2 FDSEA c’est non, la balade est fini c’était pour de faux. Apres cette action déloyale il faudrait leur tendre à nouveau la main pour une nouvelle promenade cette fois ci en Auvergne Rhône Alpes ?

Côté négociation nationale, en octobre, la FNSEA et la FNO (Fédération Nationale Ovine) ont mis fin aux négociations par un simple mail. Elles ont décidé que finalement, le national n’était pas le bon niveau pour négocier.
en 3 ans on s’était à peine mis d’accord sur le champ d’application d’une réglementation qui n’a finalement pas pu être discutée. Une mise sous tutelle par le gouvernement est en cours pour reprendre les négociations.

Voilà le bilan. La FNSEA nous semble prise d’un vilain défaut de procrastination et d’une sacrée aptitude à la paresse. Nous, on nomme cela : du mépris de classe.

Un bilan 2025 qui est donc assez mitigé:

Aucun avancement concret par la voie de la négociation :
Après 3 ans de négociation en Isère et en Savoie: rien de significatif pour améliorer le sort des bergers.
Après 3 ans de négo au niveau national, rien non plus

Et pendant ces 3 ans, les exploitants agricoles :
Voient leur secteur reconnu comme métier en tension. En PACA ils lâchent sans scrupules en public qu’« il n’y aura plus que des roumains et des tunisiens pour garder les bêtes ».
Mais encore, pendant ces 3 ans les patrons jouissent de la pérennisation du dispositif TO-DE (Travailleurs Occasionnels – Demandeurs d’Emploi) qui permet l’exonération totale de cotisations patronales et condamne les salariés à être payés au SMIC.
Ils peuvent compter également sur l l’AFPR (Action de Formation Préalable au Recrutement) qui leur permet de faire travailler gratuitement un employé avec la bénédiction de France travail
Et enfin, ils se réjouissent certainement de la loi Duplomb. Ou comment persévérer dans la recherche de profits en passant l’éponge sur les normes sociales et environnementales au détriment de la santé publique — Moins de réglementation et de paperasse, à commencer par le code du travail.
Triste période, mais n’oublions pas le plus important : en 3 ans, on est passé d’un syndicats de gardien.nes de troupeaux actif à 4 sur le territoire métropolitain.
Nous comptons de plus en plus de membres, par dizaines. Toustes sont déterminés à faire appliquer leurs droits et en conquérir de nouveaux par la lutte et la solidarité. Si la voie des négociations nous est fermée, nous nous concentreront sur l’essentiel : le rapport de force.

Les Nations Unies ont proclamé 2026 comme l’année internationale des parcours et du pastoralisme ! Mais derrière le pastoralisme les patrons et l’état ne pense pas aux salariés. Et pourtant, ce sera facile de leur rappeler que sans nous, il n’y aurait rien, et que ce n’est ni leur béret ni leur PowerPoint qui gardent les troupeaux.
Alors pour qu’il y ait encore des bergers, laissez tomber les vœux pieux. Tout cela ne tient pas du miracle :
Pour continuer ce métier, il doit nous permettre d’accéder à une vie digne et en bonne santé, et pour cela vous devez à vos employés des conditions de travail dignes.
Ça commence premièrement par le respect du code du travail !
Ensuite, nous revendiquons :
– Au vu des qualifications exigées, un palier 7 à 14,33 euros brut de l’heure.
– Le versement d’une prime d’équipement qui recouvre nos frais.
– Des véhicules de fonction ou bien une indemnité ajustée à l’usage de notre véhicule.
– Des formations gratuites adaptée à nos missions.
– Une indemnité pour les frais associées à nos chiens de conduite, leur éducation, leur soin et leur travail.
– Des repos compensateurs, au vu de l’isolement par rapport à notre domicile.
– Et enfin, l’application de la prime de précarité pour tous les CDD saisonniers.

Tout ceci ne nous sera pas donné sur un plateau d’argent. Il faudra aller l’arracher. Les possédants ne se laisseront pas faire.
On observe que le fascisme et l’impérialisme montent. Ce sont les bras armés du patronat dont il a besoin pour nous imposer ses objectifs de mort.
On ne veut plus d’économie austéritaire qui tue, plus de pollution qui tue, plus de violences policières qui tue, plus de propagande de guerre et de course à l’armement qui tuent.
On ne veut plus des intérêts capitalistes qui tuent, on pense à la Palestine qui subit un génocide, au peuple vénézuélien qui se retrouve pris entre les puissances impérialistes toutes intéressées par des ressources qui ne lui reviendront jamais.
Gardien.nes de troupeaux, ouvrier.ères agricoles, travailleur.ses détachés, unissons-nous et luttons pour un monde sans exploitation ni oppression ! Un monde qui réponde aux besoins et non aux profits !


Fini les vœux ! Vive la lutte ! Cette nouvelle année et toutes les prochaines

Revue de presse

Reportage de France bleu Isère :


Reportage de France 3 Alpes :


Article de l’Humanité :

Dormir sous un caillou, mourir foudroyé et travailler 80 heures par semaine… Les bergers de montagne se révoltent contre leurs conditions de travail

Journée Internationale des migrant.es

Manifestation du 18 décembre à Marseille pour la journée internationale des migrant.es :

  • Pour l’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau
  • Pour l’égalité des droits de toustes, à l’école, au logement, à la santé, à la culture, au travail.
  • Pour la régularisation des sans-papiers
  • Pour la fermeture des centres de rétention administrative (CRA)
  • Pour la justice sociale et la solidarité, contre le racisme et le fascisme

Dénonçons ensemble le patronat agricole raciste qui exploite les travailleur.euses avec et sans les bons papiers et qui tente de nous mettre en concurrence.


Solidarité et mêmes droits pour tous et toutes !

Réunion inter-massif 2025

Article de midi libre: Les gardiens de troupeaux se mobilisent

Du 6 au 8 décembre, les gardiens de troupeaux (moutons, chèvres, vaches), syndiqués CGT, se sont réunis durant trois jours au tiers lieu la Grange pour organiser leurs actions.

Pour Marie, bergère, « il y a beaucoup de choses problématiques dans notre métier tel que nos horaires qui ne rentrent pas systématiquement dans le cadre du Code du travail car en général, ils dépassent largement nos contrats et ce sont souvent des journées entières non payées. Il y a aussi les conditions de travail avec parfois aucun accès à l’eau potable, ou pas d’isolation, pas d’électricité dans le logement. »

Anthony, également berger, ajoute « qu’il faudrait que notre équipement pour travailler soit pris en charge, tout comme les frais concernant nos chiens de conduite qui reste entièrement à nos frais alors qu’ils sont indispensables à notre travail. Aussi, notre expérience et nos qualifications devraient être reconnues, or, on est tous majoritairement embauchés au smic. C’est un métier qui demande des connaissances dans différents domaines, techniques ou environnementaux, avec de fortes responsabilités. On travaille en autonomie totale sur la gestion de la zone de pâturage et du troupeau. »

Julia précise : «  On fait tous les soins, on gère les équipements, le matériel et il y a aussi la gestion des ressources fourragères. On a une forte charge de travail alors que nos emplois sont précaires. On nous parle de précarité choisie mais croyez-vous que l’on ait choisi de ne signer que des CDD saisonniers et d’être dans cette situation ? D’autant que cela nous ferme à un droit à la formation que l’on paie de notre poche et sur notre temps de repos pour pouvoir être plus efficace et à l’aise dans notre travail. »

Anthony conclut leurs démarches : « On voudrait juste des textes protecteurs par la création de conventions collectives spécifiques au niveau national et territorial pour encadrer la spécificité de notre profession de salarié agricole. »

LE PATRONAT AGRICOLE VEUT-IL VRAIMENT AMÉLIORER NOS CONDITIONS DE TRAVAIL ?

Communiqué du SGT 38

Des manquements graves de la part des employeurs

La saison d’alpage 2025 s’est achevée il y a quelques semaines et nous constatons que les manquements graves de la part de nos employeurs sont toujours légion :

temps de travail : notre métier généralise le travail gratuit : des semaines de 70h payées 35 à 44h pour un simple poste, le repos hebdomadaire et la durée maximale du temps de travail non respectés.

salaires : une grille de classification trop souvent ignorée et des salaires au rabais par rapport aux qualifications que nécessite notre profession.

logements : souvent indignes et qui mettent en danger les salarié.es : 80 % des hébergements ne sont pas aux normes. D’après le CERPAM, en PACA, un hébergement sur deux ne dispose ni de douche, ni de WC !

sécurité : de nombreux accidents du travail, parfois mortels et des salarié.es isolé.es.

Nous continuerons de dénoncer les réalités de notre métier. Il y a urgence à ce que les choses changent !

Des négociations nationales qui s’enlisent

Pourtant, depuis plus de 2 ans, nous avons obtenu l’ouverture de négociations nationales d’un accord spécifique pour les gardien.nes de troupeaux, dont les conditions de travail, d’emploi et d’accueil sont trop souvent en dehors de tout cadre légal. Or, la FNSEA n’a eu de cesse d’utiliser toutes les excuses fallacieuses pour ralentir les négociations. En octobre, la FNSEA et la FNO (Fédération Nationale Ovine) ont mis fin aux négociations par un simple mail. Elles ont décidé que finalement, après 3 ans de négociations, le national n’était pas le bon niveau pour négocier. Pourtant en Isère et en Savoie, les FDSEA ont elles aussi mis fin aux négociations départementales, car d’après elles… le département n’était pas le bon niveau pour négocier !

La CGT, de concert avec d’autres organisations syndicales (CGC, FO et CFTC), a obtenu le placement de ces négociations sous tutelle du Ministère de l’Agriculture.

Dans les territoires, le patronat agricole dévoile ses objectifs

Dans les Alpes du Nord, les FDSEA du 38 et du 73/74 refusent à présent de négocier au niveau départemental et imposent des discussions à l’échelle régionale. Dans ce nouveau format, le patronat agricole souhaite exclure des thèmes centraux tels que la classification des emplois — et donc des salaires, mais aussi, les conditions de travail, de santé et sécurité au travail, ou encore, le logement. Sur quels thèmes les représentants du patronat agricole acceptent-ils donc de discuter ?

Dans les Hautes Alpes, les patrons menacent de dénoncer les accords, et donc de s’asseoir sur le peu d’acquis déjà existants. Dans ce département, les représentants de la FDSEA répètent qu’un jour, « il n’y aura plus que des roumains et des tunisiens pour garder les bêtes ». C’est dire les attentes qu’ils ont auprès des travailleurs étrangers ! On ne peut pas s’habituer à ce chantage raciste qui sous-entend que pour un même travail, les étrangers n’ont pas les mêmes droits. Nos syndicats luttent pour que tous les salariés aient des conditions de travail dignes, nos tracts sont déjà traduits en roumain et nous sommes plus que jamais déterminés à nous serrer les coudes !

Tenir les négociations et maintenir le rapport de force

Et face à celles et ceux qui nous reprochent d’être « hors sol » et de « tuer le métier » nous affirmons au contraire que nous avons les pieds sur terre. Nos revendications, assises sur un cahier revendicatif de haut niveau, sont ancrées dans le réel des situations que nous vivons au travail. Des situations dont nous exigeons l’amélioration pour vivre dignement de ce métier.

Plus que jamais, quelques soient les atermoiements du patronat agricole, nous sommes déterminé.es à continuer la lutte. Nous ne lâcherons rien !

Occupation de la chambre d’agriculture de Gap

Le 18 novembre, le SGT PACA a occupé la chambre d’agriculture à Gap, pour exiger une rencontre avec la FDSEA 05.

COMMUNIQUE DU SYNDICAT DES GARDIENS ET GARDIENNES DE TROUPEAUX CGT PACA

Ce 18 novembre nous venons exiger de rencontrer la FDSEA 05 et obtenir des engagements de leur part sur l’amélioration de nos conditions de travail dans le département.

Lors de la dernière rencontre prévue, la FDSEA 05 a quitté la réunion à peine arrivée, prétextant des propos diffamatoires de notre part dans notre dernier tract. Le tract en question : une simple énumération des difficultés rencontrées par les gardiens et gardiennes de troupeaux en France, pendant l’été 2025.

Comment une simple description peut-elle provoquer une telle levée de boucliers? La FDSEA 05 doit regarder la réalité en face, entendre nos réalité de travail et prendre ses responsabilités.

D’autre part au niveau national, la FNSEA suspend les négociations et nous renvoie au niveau local. Dans le département du 05, voilà 3 ans qu’ont commencées les discussions sur la mise en conformité de l’avenant départemental, et rien n’avance.

De nombreuses séances de discussions ont eu lieu sur les questions des chiens de conduite et des équipements : nous exigeons aujourd’hui que nos revendications soient entendues et qu’un accord soit trouvé sur ces questions. Dans aucune autre profession, les salarié.es payent pour pouvoir travailler.

La dernière rencontre, avortée, devait être consacrée à la prise en compte de l’expérience pour les ouvriers agricoles. Pour nous gardiens et gardiennes de troupeaux, cette question est centrale : avec une expérience peu ou pas reconnue, nombre d’entre nous arrête le métier au bout de quelques années seulement. Nombre d’autres sont toujours payés au smic après des années d’exercice, alors même que notre métier exige une grande autonomie et de nombreuses qualifications. Nous savons que du côté employeur pouvoir embaucher des travailleur/euses formées et qualifiés est un enjeu.
Nous attendons aujourd’hui des engagements sur la retranscription des échelons et des niveaux que contient l’avenant départemental : notre expérience doit être prise en compte.

Par ailleurs, comme en témoigne le tract de la discorde, l’été 2025 a été très difficile pour les salariés.. Nous avons besoin d’avancées sérieuses sur la mise en conformité, et d’aller vers de réelles négociations.
Mort au travail, fulgurations, intoxication a l’eau, au monoxyde de carbone, dérochages… Le prix de cet été est très lourd pour la profession. Nous demandons une prime de risque.
En tant que saisonniers agricoles nous sommes exclus du dispositif de prime de précarité. Pourtant nos emplois sont rudes et offrent souvent moins de garanties qu’un CDD classique. Ils ne garantissent pas un emploi perenne, ni de pouvoir subvenir a nos besoins. Ce sont des emplois précaire, et mal payés. Nous demandons l’application de la prime de précarité sur l’ensemble des contrats agricoles précaires.

D’autres thématiques centrales devront être abordées : palier minimum, journées d’emmontagnage et de démontagnage, utilisation des véhicules personnels, des véhicules de services…

Sur les questions salariales et administratives, dans le 05, nous avons recensé cet été un grand nombre d’erreur sur les fiches de paies et les heures supplémentaires, des absences de contrat, des contrats non conformes à ce qui a été convenu qui arrivent tard, des déclarations à mi temps pour des temps complets… En tant que représentant des employeurs et gestionnaire de paie pour nombre de contrats, la responsabilité de la FDSEA 05 est engagée.

Pour toutes ces raisons, l’annulation des discussions en cours est irresponsable. Face a cet état de fait, nous continuerons de dénoncer les réalités de notre métier, jusqu’à la signature d’un accord prenant des dispositions concrètes visant à améliorer les conditions de travail et de rémunérations des gardien.nes de troupeaux et des salariées agricoles. Comme depuis 3 ans, nous sommes prêts a nous mettre autour de la table. Il y a urgence à ce que les choses changent.

Le SGT 38 en débat à Saint Marcellin

Le vendredi 28 Novembre, le Syndicat des Gardiens de Troupeaux de l’Isère était convié à une soirée d’échange et de débat autour du thème de l’agriculture. Cette soirée était organisée par l’association La Joute Marcellinoise qui a pour but d’aider à l’organisation et à la réalisation de projets citoyens, sociaux, culturels, écologiques dans une démarche d’éducation populaire. Devant une cinquantaine de personnes, nous avons pu présenter notre métier, les SGT et les combats que nous menons pour faire respecter nos droits. Nous avons pu visibiliser les véritables « damnés de la terre » que sont les salarié.es agricole et échanger avec le public et les nombreux professionnels présents.

La réforme du RSA et de l’assurance chômage

Les travailleurs saisonniers sont violemment impactés par les réformes successives de l’assurance chômage. Présentation de la réforme du RSA et de l’assurance chômage par le CNTPEP, aux rencontres Massif Attaque 2025 des syndicats de gardiens de troupeaux.

A écouter ici

Enregistrement et mixage par Radio Aioli :
https://www.aioli-radio.org/

Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires :
Travailleur privé d’emploi, défends tes droits. Ta place est dans la lutte, rejoins la CGT
https://chomeurs-precaires-cgt.fr/