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PROJET DE LOI VAGINAY: L’EXTRÊME DROITE A L A BOTTE DU PATRONAT AGRICOLE

Voir ici le communiqué des SGT

Le 3 mars 2026, une proposition de loi visant à créer « un statut juridique particulier pour le berger d’alpage » a été déposée à l’Assemblée Nationale. Porté par la députée UDR Sophie Ricourt Vaginay, le texte prétend encadrer nos conditions de travail. Pensé pour (et par) le patronat agricole, le contenu de cette proposition est catastrophique pour les gardien·ne·s de troupeaux.


2 ANS DE NÉGOCIATIONS POUR EN ARRIVER LÀ ?

Il y a plus de deux ans – grâce au rapport de force construit par les SGT-CGT – nous avons obtenu l’ouverture de négociations nationales visant la signature d’un accord spécifique aux gardien·ne·s de troupeaux. Depuis l’ouverture de ces négociations, la FNSEA, bien décidée à ne rien céder aux organisations syndicales (CGC, FO et CFTC), met tout en œuvre pour fuir ses responsabilités. Suites à ses manœuvres multipliant les annulations et autres reports de séances, nous avons obtenu le placement des négociations sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture. Dès la première commission mixte nationale, le patronat a poursuivi sa stratégie
de pourrissement. Il y a pourtant urgence :
– Le travail gratuit et les heures non rémunérées sont toujours la norme dans notre profession ;
– Nos qualifications restent méprisées, nos salaires maintenus autour du SMIC sans perspective d’évolution ;
– De nombreux hébergements de garde sont toujours des taudis insalubres et dangereux ;
– Les accidents du travail, les violences et les abus à l’égard des salarié·e·s n’ont pas diminué ;
C’est dans ce contexte que nous avons appris le dépôt de ce projet de loi délétère. L’objectif affiché est clair : faire sauter les normes sociales et inscrire dans la loi un permis d’exploiter et de précariser le salariat agricole, déjà malmené par les archaïsmes du Code Rural et les nombreuses dérogations au Code du Travail. La FNSEA joue la montre pour que ce texte court-circuite les négociations en cours.

LÉGALISER LES ABUS PLUTÔT QUE D’Y METTRE FIN

Alors que nous nous battons depuis des années pour faire valoir nos droits et accéder enfin à des conditions de travail décentes, le projet hors sol de Ricourt Vaginay ne vise qu’à légaliser toutes les exactions du patronat agricole. Tout d’abord, et c’est un véritable combat de le faire reconnaître, le travail des gardiens et gardiennes de troupeaux ne se limite pas à la seule garde des brebis. Nous assurons des missions importantes en dehors de la présence des animaux, mais elles sont souvent invisibilisées dans les contrats de travail. De la même manière, le métier ne se cantonne pas à l’espace montagnard, il s’exerce été comme hiver dans des conditions variées mais toujours précaires et mal rémunérées. Le travail en plaine ou en colline dans le cadre d’un hivernage n’est pas moins difficile, moins isolé ou moins dangereux. Il est surtout moins encadré, d’avantage exposé à l’arbitraire de l’employeur, ce qui multiplie les abus et les violences au travail.
Si nos conditions de travail sont mauvaises « partout », nous avons besoin d’un texte qui nous protège « partout » !
Nous travaillons jusqu’à 90 heures par semaines, pour des contrats de travail qui n’en reconnaissent que 35 à 44 selon les cas. Mme Ricourt Vaginay propose de fixer la durée du travail hebdomadaire par « un forfait national adapté » (Article 2). Adapté aux exigences de l’employeur ? Nous savons quelles intentions se cachent derrière cette proposition. Rendre impossible la reconnaissance de la totalité des heures effectives et entériner le travail gratuit dans la profession. Les SGT-CGT ont pourtant posé sur la table des négociations des dispositifs déjà appliqués dans d’autres secteurs comparables, comme la récupération du temps de travail
par le repos compensateur. L’allégement du temps de travail par la création de postes, la mise en place de services de remplacement et la revalorisation des salaires sont aussi des pistes évoquées à de nombreuses reprises pour remédier à la question. Encore faut-il vouloir entendre ce que disent les salarié·e·s concerné·e·s.
La rémunération au forfait est inacceptable et constitue une ligne rouge à ne pas franchir. Nous exigeons des dispositions permettant de rémunérer l’intégralité de notre travail !
Afin de contourner la question du salaire, la proposition de loi mentionne la mise en place de primes « isolement » et « pénibilité » (Article 3). Nous rappelons ici que les gardien·ne·s de troupeaux, comme tous les salariés saisonniers, ne bénéficient toujours pas de la prime de précarité de fin de contrat. Rétablir une égalité de traitement pour l’ensemble des salarié·e·s précaires, qu’ils soient en CDD ou en CDD saisonnier devrait être une priorité pour tout projet de loi prétendant établir un « statut » des gardien·ne·s de troupeaux. C’est la seule prime que nous réclamons, quels que soient le niveau « d’isolement géographique », le « nombre d’animaux » gardés ou la durée du contrat de travail. En dehors de cette question, nous attendons surtout une revalorisation de nos salaires, à la hauteur de
nos qualifications et de la pénibilité réelle de notre métier !

Concernant nos conditions d’hébergement, le texte (Article 4) ne propose rien de nouveau puisqu’il se réfère toujours à l’article L. 4121-1 du Code du Travail, dont les dispositions sont insuffisantes et largement outrepassées par les dérogations que permet l’Arrêté du 1 juillet 1996 relatif à l’hébergement des travailleurs agricoles (Articles 4 et 5). De plus, l’introduction de la notion de « cabane d’alpage » exclue sans aucune justification les hébergements de colline et de plaine, souvent occupés en période hivernale. Nous savons mieux que quiconque qu’une caravane délabrée en bord de route n’est pas plus supportable qu’une cabane
insalubre en altitude. Un taudis reste un taudis quelle que soit la saison, quelle que soit sa localisation.
Hiver comme été, en montagne, en plaine ou en colline, les salarié·e·s doivent être logé·e·s dignement, dans des hébergements leur assurant la sécurité, le confort et la tranquillité nécessaires à un repos réparateur.

NOUS NE LAISSERONS PAS FAIRE !

Produit sans jamais tenir compte des besoins réels des gardiens et gardiennes de troupeaux salarié.e.s, ce texte débarrasse les exploitants agricoles d’une grande partie de leurs obligations et de leurs responsabilités : Travail gratuit légalisé, précarisation de la profession inscrite dans la loi, conditions fantaisistes pour bénéficier d’une reconnaissance de la pénibilités du travail. À côté de ça, aucune amélioration concrète de nos conditions de travail et de nos conditions de vie.


Les exploitations qui nous emploient ne fonctionnent pas sans nous !
Les lois qui nous concernent ne s’écrivent pas sans nous !
Pas de « statut des gardien·ne·s de troupeaux » sans les gardien·ne·s de troupeaux !
L’extrême droite restera toujours l’ennemie des travailleur·euse·s !

LE PATRONAT AGRICOLE VEUT-IL VRAIMENT AMÉLIORER NOS CONDITIONS DE TRAVAIL ?

Communiqué du SGT 38

Des manquements graves de la part des employeurs

La saison d’alpage 2025 s’est achevée il y a quelques semaines et nous constatons que les manquements graves de la part de nos employeurs sont toujours légion :

temps de travail : notre métier généralise le travail gratuit : des semaines de 70h payées 35 à 44h pour un simple poste, le repos hebdomadaire et la durée maximale du temps de travail non respectés.

salaires : une grille de classification trop souvent ignorée et des salaires au rabais par rapport aux qualifications que nécessite notre profession.

logements : souvent indignes et qui mettent en danger les salarié.es : 80 % des hébergements ne sont pas aux normes. D’après le CERPAM, en PACA, un hébergement sur deux ne dispose ni de douche, ni de WC !

sécurité : de nombreux accidents du travail, parfois mortels et des salarié.es isolé.es.

Nous continuerons de dénoncer les réalités de notre métier. Il y a urgence à ce que les choses changent !

Des négociations nationales qui s’enlisent

Pourtant, depuis plus de 2 ans, nous avons obtenu l’ouverture de négociations nationales d’un accord spécifique pour les gardien.nes de troupeaux, dont les conditions de travail, d’emploi et d’accueil sont trop souvent en dehors de tout cadre légal. Or, la FNSEA n’a eu de cesse d’utiliser toutes les excuses fallacieuses pour ralentir les négociations. En octobre, la FNSEA et la FNO (Fédération Nationale Ovine) ont mis fin aux négociations par un simple mail. Elles ont décidé que finalement, après 3 ans de négociations, le national n’était pas le bon niveau pour négocier. Pourtant en Isère et en Savoie, les FDSEA ont elles aussi mis fin aux négociations départementales, car d’après elles… le département n’était pas le bon niveau pour négocier !

La CGT, de concert avec d’autres organisations syndicales (CGC, FO et CFTC), a obtenu le placement de ces négociations sous tutelle du Ministère de l’Agriculture.

Dans les territoires, le patronat agricole dévoile ses objectifs

Dans les Alpes du Nord, les FDSEA du 38 et du 73/74 refusent à présent de négocier au niveau départemental et imposent des discussions à l’échelle régionale. Dans ce nouveau format, le patronat agricole souhaite exclure des thèmes centraux tels que la classification des emplois — et donc des salaires, mais aussi, les conditions de travail, de santé et sécurité au travail, ou encore, le logement. Sur quels thèmes les représentants du patronat agricole acceptent-ils donc de discuter ?

Dans les Hautes Alpes, les patrons menacent de dénoncer les accords, et donc de s’asseoir sur le peu d’acquis déjà existants. Dans ce département, les représentants de la FDSEA répètent qu’un jour, « il n’y aura plus que des roumains et des tunisiens pour garder les bêtes ». C’est dire les attentes qu’ils ont auprès des travailleurs étrangers ! On ne peut pas s’habituer à ce chantage raciste qui sous-entend que pour un même travail, les étrangers n’ont pas les mêmes droits. Nos syndicats luttent pour que tous les salariés aient des conditions de travail dignes, nos tracts sont déjà traduits en roumain et nous sommes plus que jamais déterminés à nous serrer les coudes !

Tenir les négociations et maintenir le rapport de force

Et face à celles et ceux qui nous reprochent d’être « hors sol » et de « tuer le métier » nous affirmons au contraire que nous avons les pieds sur terre. Nos revendications, assises sur un cahier revendicatif de haut niveau, sont ancrées dans le réel des situations que nous vivons au travail. Des situations dont nous exigeons l’amélioration pour vivre dignement de ce métier.

Plus que jamais, quelques soient les atermoiements du patronat agricole, nous sommes déterminé.es à continuer la lutte. Nous ne lâcherons rien !

Occupation de la chambre d’agriculture de Gap

Le 18 novembre, le SGT PACA a occupé la chambre d’agriculture à Gap, pour exiger une rencontre avec la FDSEA 05.

COMMUNIQUE DU SYNDICAT DES GARDIENS ET GARDIENNES DE TROUPEAUX CGT PACA

Ce 18 novembre nous venons exiger de rencontrer la FDSEA 05 et obtenir des engagements de leur part sur l’amélioration de nos conditions de travail dans le département.

Lors de la dernière rencontre prévue, la FDSEA 05 a quitté la réunion à peine arrivée, prétextant des propos diffamatoires de notre part dans notre dernier tract. Le tract en question : une simple énumération des difficultés rencontrées par les gardiens et gardiennes de troupeaux en France, pendant l’été 2025.

Comment une simple description peut-elle provoquer une telle levée de boucliers? La FDSEA 05 doit regarder la réalité en face, entendre nos réalité de travail et prendre ses responsabilités.

D’autre part au niveau national, la FNSEA suspend les négociations et nous renvoie au niveau local. Dans le département du 05, voilà 3 ans qu’ont commencées les discussions sur la mise en conformité de l’avenant départemental, et rien n’avance.

De nombreuses séances de discussions ont eu lieu sur les questions des chiens de conduite et des équipements : nous exigeons aujourd’hui que nos revendications soient entendues et qu’un accord soit trouvé sur ces questions. Dans aucune autre profession, les salarié.es payent pour pouvoir travailler.

La dernière rencontre, avortée, devait être consacrée à la prise en compte de l’expérience pour les ouvriers agricoles. Pour nous gardiens et gardiennes de troupeaux, cette question est centrale : avec une expérience peu ou pas reconnue, nombre d’entre nous arrête le métier au bout de quelques années seulement. Nombre d’autres sont toujours payés au smic après des années d’exercice, alors même que notre métier exige une grande autonomie et de nombreuses qualifications. Nous savons que du côté employeur pouvoir embaucher des travailleur/euses formées et qualifiés est un enjeu.
Nous attendons aujourd’hui des engagements sur la retranscription des échelons et des niveaux que contient l’avenant départemental : notre expérience doit être prise en compte.

Par ailleurs, comme en témoigne le tract de la discorde, l’été 2025 a été très difficile pour les salariés.. Nous avons besoin d’avancées sérieuses sur la mise en conformité, et d’aller vers de réelles négociations.
Mort au travail, fulgurations, intoxication a l’eau, au monoxyde de carbone, dérochages… Le prix de cet été est très lourd pour la profession. Nous demandons une prime de risque.
En tant que saisonniers agricoles nous sommes exclus du dispositif de prime de précarité. Pourtant nos emplois sont rudes et offrent souvent moins de garanties qu’un CDD classique. Ils ne garantissent pas un emploi perenne, ni de pouvoir subvenir a nos besoins. Ce sont des emplois précaire, et mal payés. Nous demandons l’application de la prime de précarité sur l’ensemble des contrats agricoles précaires.

D’autres thématiques centrales devront être abordées : palier minimum, journées d’emmontagnage et de démontagnage, utilisation des véhicules personnels, des véhicules de services…

Sur les questions salariales et administratives, dans le 05, nous avons recensé cet été un grand nombre d’erreur sur les fiches de paies et les heures supplémentaires, des absences de contrat, des contrats non conformes à ce qui a été convenu qui arrivent tard, des déclarations à mi temps pour des temps complets… En tant que représentant des employeurs et gestionnaire de paie pour nombre de contrats, la responsabilité de la FDSEA 05 est engagée.

Pour toutes ces raisons, l’annulation des discussions en cours est irresponsable. Face a cet état de fait, nous continuerons de dénoncer les réalités de notre métier, jusqu’à la signature d’un accord prenant des dispositions concrètes visant à améliorer les conditions de travail et de rémunérations des gardien.nes de troupeaux et des salariées agricoles. Comme depuis 3 ans, nous sommes prêts a nous mettre autour de la table. Il y a urgence à ce que les choses changent.

10 Septembre – Les SGT non plus ne veulent plus

Suite logique de l’offensive néo-libérale à l ‘oeuvre depuis plusieurs décennies, le budget proposé par François Bayrou fait déborder le vase.

Gardiennes et gardiens de troupeaux, nous ne voulons plus !
Nous ne voulons plus renoncer à nos droits, pas plus qu’à la satisfaction de nos besoins
fondamentaux, au profit d’une classe possédante qui ne nous apporte rien !
Nous ne voulons plus d’un gouvernement bourgeois, qui entérine chaque jour le droit du patronat à usurper une part toujours plus grande de la valeur créée par notre travail.

Tout est à nous !
Notre travail est la source de toute richesse. Les exonérations de cotisations sociales, et autres cadeaux fiscaux faits au patronat (petit patronat compris), capturent ces richesses au profit d’une minorité.
Notre niveau de vie est directement impacté.
Les réformes successives de l’assurance chômage ont durement aggravé notre précarité matérielle, comme pour l’ensemble des travailleurs saisonniers.

Nous ne voulons plus travailler gratuitement, dans des conditions toujours plus
dégradées, et pour enrichir une poignée d’individus.

Des contrats de 35 à 44h pour un temps de travail effectif de 60 à 80h semaine ! La moitié de notre temps de travail n’est pas rémunérée. Notre droit au repos n’est pas respecté. Nous logeons dans des taudis. Les accidents de travail se multiplient. Bien travailler, ça coûte trop cher !
La production agricole doit satisfaire des besoins vitaux. Comme toutes les productions essentielles (santé, énergie,,…), elle doit se libérer des injonctions aberrantes du capital.
Nous refusons que le travail blesse, nous refusons que le travail tue.
Notre travail doit nous permettre de vivre dignement, en période d’activité comme en période de chômage.

Pour toutes ces raisons, le SGT-CGT affirme son soutien aux mobilisations
annoncées et appelle ses syndiqué.e.s à rejoindre le mouvement :
grève, soutien de piquets de grève (y compris dans d’autres secteurs productifs), participation aux assemblées, blocages, etc.

Ces mobilisations se présentent comme une occasion de renforcer le mouvement ouvrier en rapprochant l’ensemble des travailleuses et travailleurs.
La construction et le renforcement d’une véritable conscience de classe nous semblent essentiels à l’élévation du rapport de force et déterminants pour la capacité du mouvement à obtenir des victoires significatives.
Aussi, souhaitons-nous voir celui-ci s’affranchir au plus vite de toute vélléité interclassiste, celles-ci n’ayant d’autre effet que le désarmement de la classe ouvrière (entendue comme l’ensemble du salariat).

Travailleuses, travailleurs, unissons nous !
Travailleuses et travailleurs agricoles, nous sommes exploités par des patrons qui s’autodésignent « petits ». On leur consent trop facilement ce qualificatif, même à gauche. Ce faisant, on renonce à les situer dans les rapports de production, on renonce à protéger celles et ceux qu’ils exploitent. Le prolétariat agricole est ignoré, piétiné. Nous avons plus en commun avec les camarades exploités chez Bonduelle, Lactalis, Neuhauser,etc. qu’avec des exploitants, même quand ils et elles se disent « paysans ».

En tant qu’organisation de travailleurs et de travailleuses, nous n’accepterons pas de voir nos exploiteurs se hisser au rang des victimes. La défense de nos intérêts de classe doit rester notre priorité.

Lénine écrivait qu’ « une situation prérévolutionnaire éclate lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, ceux d’en bas ne veulent plus. »

En bas, nous sommes déterminé.e.s.

Rassemblement à la foire agricole de Saint Martin de Crau

Nos syndicats CGT luttent depuis maintenant plus de deux ans pour l’obtention d’une convention collective pour les gardiens et gardiennes de troupeaux, ainsi que plus largement pour gagner des droits pour l’ensemble des travailleurs agricoles. En nous organisant, nous avons la volonté de mettre fin à l’impunité dont jouit le patronat agricole depuis toujours en ce qui concerne nos salaires, nos contrats minables, et nos conditions d’embauche. Nous avons face à nous un patronat agricole extrêmement organisé, principalement à la FNSEA et de plus en plus fasciste, comme le montre l’émergence de l’organisation de la Coordination Rurale.

Le 12 février, se tiendra à Saint Martin de Crau la foire agricole de printemps, grande parade pour les éleveurs de la Crau, connus pour imposer des conditions de travail d’un autre temps aux berger.es. C’est aussi un lieu où nous sommes nombreux et nombreuses à nous rendre pour rencontrer des éleveurs et trouver un poste pour l’été, pour acheter du matériel, et pour se rencontrer.

Le 12 février est également le jour où devait se tenir une négociation nationale à Paris, en présence des SGT-CGT et des représentants de la FNSEA. Comme la fois précédente, ces derniers annulent. Dans tous les départements aujourd’hui, le syndicat patronal trouve les excuses les plus bidons pour ne pas se confronter aux réalités que nous dénonçons. Depuis 2 ans que se tiennent ces réunions, toutes nos revendications ont été rejetées et les patrons n’ont pas fait une seule proposition.

Vu les conditions, ils n’ont effectivement aucun intérêt au changement !

Pourtant, la marge de progression est vaste dans notre métier : travail 7j/7, équipements à nos frais, heures non payées, journées de 16H, travail de nuit, manque d’eau potable, accidents, violences, logements insalubres, misogynie, travail au noir, exploitation de travailleurs étrangers sous payés…

Cela est notre quotidien. Nous n’avons donc pas grand-chose à perdre et tout à gagner !

Dans les Bouches-du-Rhône, malgré une très forte activité pastorale, aucune disposition spécifique sur les bergers n’existe, et les patrons sont bien contents que la convention collective des travailleurs agricoles soit si floue en ce qui concerne notre travail et nos tâches. Une bonne raison de ne pas l’appliquer ! Deux ans que nous demandons l’ouverture de négociations… Dans la Crau, se trouvent les plus gros moutonniers, ceux qui touchent jusqu’à 1 millions d’euros de subvention de la PAC, qui représentent la FDO et la FNSEA, et qui embauchent des dizaines de bergers et de bergères payés au lance pierre. Ils transhument leurs bêtes dans toutes les Alpes, et leurs bergers qui exercent en Savoie ou dans les Hautes Alpes n’ont pas droits aux mêmes avantages que leurs voisins de montagne dont les patrons sont domiciliés dans d’autres départements.

Nous nous mobilisons donc à la foire agricole le 12 Février, pour mettre la pression sur le patronat pour l’avancée de nos conditions de travail, la fin du travail gratuit, la fin de l’exploitation à outrance ! La situation ne doit plus durer !

Nous appelons tous les gardiens et toutes les gardiennes de troupeaux à venir nous retrouver dès 9h sur la foire, et à toutes les personnes solidaires à nous rejoindre !

Face au nouveau cirque du patronat agricole, la voix des ouvrier.ère.s de l’agriculture doit se faire entendre

Suite à leur mouvement de grogne de l’hiver dernier, les patrons de l’agriculture ont bénéficié des faveurs du pouvoir en place : casse des droits sociaux, exonérations de cotisations sociales, réduction drastique des contrôles, abandon de nombreuses normes environnementales visant à protéger les salariés et la nature, sans compter la bienveillance de la police et des préfectures devant leurs actions violentes.

Le patronat agricole s’est fait confirmer ses privilèges

Les exploitants et propriétaires du monde rural, petits et grands, ultra-libéraux ou poujadistes, paysans ou agro-industriels, ont à leur avantage des dispositions d’exception qui précarisent le salariat agricole pourtant indispensable au fonctionnement de leurs exploitations. Mais les largesses gouvernementales ne suffisent plus. Depuis plusieurs semaines, sous couvert d’une opposition opportuniste au MERCOSUR, les revoilà sur leurs tracteurs, bien décidés à faire voler en éclat ce qu’il reste de normes sociales et environnementales, dans le mépris le plus total des centaines de milliers d’ouvrier·ère·s agricoles toujours plus exposé·e·s aux violences, aux accidents de travail, à la maladie et à la précarité.

Le salariat paye seul les pots cassés de la destruction des normes sociales en agriculture

Dans le contexte des élections en Chambre d’agriculture, la FNSEA et la CR font dans la surenchère. Toujours plus à droite, toujours plus réactionnaires, ces organisations promettent une exploitation encore plus brutale et plus intense du salariat agricole, pour multiplier les profits. De son côté, la Confédération Paysanne est incapable de combattre le capitalisme agricole et ne reconnaît pas l’exploitation de son salariat.

La situation dans laquelle se trouve l’agriculture est grave. Elle s’inscrit plus largement dans une crise systémique du capitalisme

Une rupture avec ce système est indispensable pour qu’advienne un changement de modèle agricole capable de garantir les besoins alimentaires de tous et toutes, dans des conditions durables. Cela passera notamment par l’arrêt définitif du saccage des territoires et la mise en pratique de nouvelles formes collectives du travail de la terre.

Seuls les ouvrier·ère·s agricoles, sont capables de mener à bien cette rupture, pour qu’enfin, notre travail serve à la satisfaction des besoins et non à l’enrichissement de quelques uns.

OUVRIER·ÈRE·S AGRICOLES DE TOUS LES PAYS, UNISSONS-NOUS