
Faire entendre la voix des gardiens de troupeaux en lutte, à la foire de Saint Martin de Crau


Le 12 janvier, la chambre d’agriculture de l’Isère, aux mains de la FDSEA, organisait sa cérémonie officielle des vœux. Pour les gardiens de troupeaux, l’année 2025 a été marquée par l’irrespect et les abus de la part de nos employeurs et de leurs organisations patronales, FNSEA en tête. Le SGT38 a donc décidé d’organiser des contre-voeux, pour faire entendre la voix des oubliés de la production agricole : ses salariés.

Quand les brebis sont forcées, elles sont appelées « salopes ». Quand un travail est mal fait c’est un travail « d’arabe ».
Chers camarades,
Déjà on vous remercie pour votre présence. C’est un honneur et un plaisir de vous retrouver pour cette cérémonie des vœux, à la fois simple et sans confort, exactement à l’image de nos vies.
Comment s’est passée l’année 2025 ? Et comment elle s’est passée pour les gardien.nes de troupeaux ? Une année de plus marquée par des perspectives et des événements heureux et malheureux. Une année où le patronat agricole, encore une fois, nous envoie des cadeaux par milliers…
1 er cadeau des patrons : Grâce à eux nous avons pu sur la quasi-totalité de nos missions : Travailler gratuitement, par passion ! Sans compter ! Plus précisément :
En 2025 nous avons encore été obligé de travailler 7j/7, en continue pendant 4 mois ; c’est 70h en moyenne par semaine, payés 35h ou 44h seulement.
En 2025 nous avons aussi été contraints de signer des fausses fiches horaires au risque de ne pas être payé : une pratique illégale déjà dénoncée l’an passé.
« Ah faut dire quand on est passionné on n’est pas non plus à la demi-heure près »
2 ème cadeau des patrons : Les patrons nous offrent massivement de nous passer de l’infernale paperasse réglementaire tellement pesante pour les exploitants. Plus précisément :
En 2025 il a été très courant pour nous de recevoir nos contrats de travail plus d’un mois après l’embauche. Et parfois surprise ! Ça ne correspond pas à ce qui a été annoncé ; mais tu es déjà en poste avec toutes tes affaires héliportées ! « On va pas chipoter non plus c’est juste un papier, signe là on verra ensuite avec le comptable ! »
En 2025, courant aussi de ne pas recevoir sa paye et ses bulletins de paye à la fin du mois. « Mais non reste là-haut tu vas pas descendre pour ça, je te donnerai les chèques à la fin de la saison »
En fin de saison 2025, en guise de remerciement, on a un chantage aux papiers de fin de contrat : «Si tu veux ton attestation employeur pour France Travail, tu signe ce solde de tout compte, qui est faux ».
« Et si t’es pas contente je te retire encore le prix des brebis qui sont morte là-haut »
Et enfin en 2025, si ça coince côté trésorerie de l’employeur, tu peux subir une forte pression pour signer une rupture à l’amiable pour mettre fin à ton CDD de manière prématurée.
3 ème cadeaux des patrons : Travailler dans un métier technique, cela en grande autonomie, mais sur les papiers, incroyable : aucune qualification n’est reconnue ni valorisée par le salaire. Plus précisément : Dans les exploitations, on ne parle jamais de la grille de classification règlementaire, celle figurant dans la convention collective nationale et qui indiquant des salaires minimum. C’est raccord avec le fait qu’on ne voit pas non plus passer de fiche de poste.
C’est uniquement le salaire inscrit sur l’annonce qui sera versé, et on trafiquera la fiche de paie pour que ça colle. La loi de l’offre et de la demande gagne sur la règlementation.
En 2025 on peut avoir la responsabilité entière du troupeau : c’est-à-dire seul à 2300 m d’altitude, devoir diagnostiquer, soigner, lire sur le terrain la progression de la ressource fourragère et y adapter notre conduite de troupeau, tout ça sans aucune qualification. Et payé au SMIC horaire.
Pour rappel, un travail agricole de cette technicité et autonomie ne peut légalement pas être rémunéré à moins de 14,33 € brut horaire contre 11,88 € au smic. Ça fait 20% de différence, mais c’est une précision utile uniquement pour vous autre très chers camarades ici présent, car la FDSEA et les patrons fraudeurs connaissent très bien cette différence qu’ils mettent directement de côte pour :
4 ème cadeau : Nous avons pu encore cet été vivre loin des soucis matériels. Plus précisément :
Avoir des logements sans électricité, ni eau courante, ni douche.
C’est bien ça non ? C’est brave non ?
Tomber malades à cause d’eau non potable. Devoir gérer l’astreinte des bêtes ET se vider. Sans accès à un remplacement, ni médecin, se soigner avec les moyens du bord. C’est courageux non ?
Attraper des mycoses, entre les doigts de pied restant 16h par jours dans des vielles chaussures, des champignons entre les cuisses, du fait du frottement. Et tu dois remettre tes chaussures encore mouillées. Et les mycose des fois, ça reste même l’hiver. Est-ce que c’est brave ça ?
Être attaqué par des puces. Manger de l’urine de rongeur.
Est-ce que ÇA c’est courageux ?
Devoir se chauffer à la gazinière, n’avoir pas de détecteur de monoxyde de carbone et être intoxiqué au monoxyde de carbone. (Hospitalisé plusieurs jours, être en risque de mort)
Est ce que c’est brave ou c’est courageux les camarades ??
5 ème cadeau : Nous avons pu payer pour travailler, car ce boulot faut le mériter ! Plus précisément; nous avons utilisé et usé gracieusement notre véhicule personnel pour transporter sur des chemins les filets électriques, le sel, les chiens de protection et les animaux blessés.
Nous avons eu des véhicules de fonction dans le contrat mais pas dans la vraie vie.
Nous avons vu des éleveurs débarquer en 4×4 devant la cabane pendant que le reste de la saison, on porte nos courses pendant deux heures sur notre dos.
On a aussi payé l’entièreté de nos équipements de travail, des chaussures d’alpinisme au couteau pour parer les pieds des brebis.
6 ème cadeau : on nous apprend que la clé c’est le duo salarié-employeur. Pour Noël nous avons reçu de la part des employeurs, des violences. Plus précisément:
Des propos racistes, misogynes. Quand les brebis sont forcées, elles sont appelées « salopes ». quand un travail est mal fait c’est un travail « d’arabe ».
Un éleveur qui jumelle sa salariée, la menace de mort et l’agresse, il menace ses proches qui la visitent dans sa montagne.
En 2025 : des salarié.es angoissé.es de croiser leurs éleveurs qui les humilient. Alors on nous appelle, nous le syndicat, on nous écrit. Mais combien ne l’ont pas fait et sont resté seul.es dans ces situations ?
Et enfin, 7 ème et dernier cadeau : des accidents du travail comme s’il en pleuvait:
On rappelle que les DUERP sont obligatoires, et correspondent au premier pas vers une gestion de la sécurité et la santé au travail. Mais de ces DUERP on ne voit jamais la couleur.
Par contre ce qu’on voit souvent par centaines c’est des berger.es en situation de risque travaillant en zone blanche, sans réseau, à qui aucun dispositif de communication n’est fourni.
En 2025 on a pu voir : Plusieurs berger.es fulguré.es, dont certains éleveurs refusent de déclarer l’accident du travail.
Un berger mort foudroyé pendant qu’il soignait les brebis (à Prad-Haute-Bléone), aujourd’hui déclaré mort pendant ses repos. Il se reposerait sous l’orage.
Un berger qui s’est suicidé, en parlant dans sa lettre d’adieux de sa précarité et de son état physique détérioré par le travail qui l’empêchait de continuer à marcher
Un dérochement d’un berger débutant embauché sur une montagne réputée dangereuse : fracture et traumatisme crânien.
Des berger.es mis en arrêt, à qui on met la pression pour démissionner ou qu’on tente de licencier.
En parallèle à ces attentions toutes particulières du patronat, nous tenons aussi à souligner leur engagement quant à la bonne poursuite des négociations de nos conventions collectives :
En 2025 la FDSEA 38 rétropédale, après s’être exprimée favorable à une indemnisation pour les frais d’équipement.
Elle coupe les négociations iséroise des dernieres 3 années, et propose de recommencer la négociation à 0, cette fois ci au niveau régional. Même écho côté Savoie.
Une belle initiative de leur part, mais nous nous aimerions déjà finir ce que nous avions commencé. Pour les 2 FDSEA c’est non, la balade est fini c’était pour de faux. Apres cette action déloyale il faudrait leur tendre à nouveau la main pour une nouvelle promenade cette fois ci en Auvergne Rhône Alpes ?
Côté négociation nationale, en octobre, la FNSEA et la FNO (Fédération Nationale Ovine) ont mis fin aux négociations par un simple mail. Elles ont décidé que finalement, le national n’était pas le bon niveau pour négocier.
en 3 ans on s’était à peine mis d’accord sur le champ d’application d’une réglementation qui n’a finalement pas pu être discutée. Une mise sous tutelle par le gouvernement est en cours pour reprendre les négociations.
Voilà le bilan. La FNSEA nous semble prise d’un vilain défaut de procrastination et d’une sacrée aptitude à la paresse. Nous, on nomme cela : du mépris de classe.
Un bilan 2025 qui est donc assez mitigé:
Aucun avancement concret par la voie de la négociation :
Après 3 ans de négociation en Isère et en Savoie: rien de significatif pour améliorer le sort des bergers.
Après 3 ans de négo au niveau national, rien non plus
Et pendant ces 3 ans, les exploitants agricoles :
Voient leur secteur reconnu comme métier en tension. En PACA ils lâchent sans scrupules en public qu’« il n’y aura plus que des roumains et des tunisiens pour garder les bêtes ».
Mais encore, pendant ces 3 ans les patrons jouissent de la pérennisation du dispositif TO-DE (Travailleurs Occasionnels – Demandeurs d’Emploi) qui permet l’exonération totale de cotisations patronales et condamne les salariés à être payés au SMIC.
Ils peuvent compter également sur l l’AFPR (Action de Formation Préalable au Recrutement) qui leur permet de faire travailler gratuitement un employé avec la bénédiction de France travail
Et enfin, ils se réjouissent certainement de la loi Duplomb. Ou comment persévérer dans la recherche de profits en passant l’éponge sur les normes sociales et environnementales au détriment de la santé publique — Moins de réglementation et de paperasse, à commencer par le code du travail.
Triste période, mais n’oublions pas le plus important : en 3 ans, on est passé d’un syndicats de gardien.nes de troupeaux actif à 4 sur le territoire métropolitain.
Nous comptons de plus en plus de membres, par dizaines. Toustes sont déterminés à faire appliquer leurs droits et en conquérir de nouveaux par la lutte et la solidarité. Si la voie des négociations nous est fermée, nous nous concentreront sur l’essentiel : le rapport de force.
Les Nations Unies ont proclamé 2026 comme l’année internationale des parcours et du pastoralisme ! Mais derrière le pastoralisme les patrons et l’état ne pense pas aux salariés. Et pourtant, ce sera facile de leur rappeler que sans nous, il n’y aurait rien, et que ce n’est ni leur béret ni leur PowerPoint qui gardent les troupeaux.
Alors pour qu’il y ait encore des bergers, laissez tomber les vœux pieux. Tout cela ne tient pas du miracle :
Pour continuer ce métier, il doit nous permettre d’accéder à une vie digne et en bonne santé, et pour cela vous devez à vos employés des conditions de travail dignes.
Ça commence premièrement par le respect du code du travail !
Ensuite, nous revendiquons :
– Au vu des qualifications exigées, un palier 7 à 14,33 euros brut de l’heure.
– Le versement d’une prime d’équipement qui recouvre nos frais.
– Des véhicules de fonction ou bien une indemnité ajustée à l’usage de notre véhicule.
– Des formations gratuites adaptée à nos missions.
– Une indemnité pour les frais associées à nos chiens de conduite, leur éducation, leur soin et leur travail.
– Des repos compensateurs, au vu de l’isolement par rapport à notre domicile.
– Et enfin, l’application de la prime de précarité pour tous les CDD saisonniers.
Tout ceci ne nous sera pas donné sur un plateau d’argent. Il faudra aller l’arracher. Les possédants ne se laisseront pas faire.
On observe que le fascisme et l’impérialisme montent. Ce sont les bras armés du patronat dont il a besoin pour nous imposer ses objectifs de mort.
On ne veut plus d’économie austéritaire qui tue, plus de pollution qui tue, plus de violences policières qui tue, plus de propagande de guerre et de course à l’armement qui tuent.
On ne veut plus des intérêts capitalistes qui tuent, on pense à la Palestine qui subit un génocide, au peuple vénézuélien qui se retrouve pris entre les puissances impérialistes toutes intéressées par des ressources qui ne lui reviendront jamais.
Gardien.nes de troupeaux, ouvrier.ères agricoles, travailleur.ses détachés, unissons-nous et luttons pour un monde sans exploitation ni oppression ! Un monde qui réponde aux besoins et non aux profits !
Fini les vœux ! Vive la lutte ! Cette nouvelle année et toutes les prochaines

Manifestation du 18 décembre à Marseille pour la journée internationale des migrant.es :
Dénonçons ensemble le patronat agricole raciste qui exploite les travailleur.euses avec et sans les bons papiers et qui tente de nous mettre en concurrence.


Le 18 novembre, le SGT PACA a occupé la chambre d’agriculture à Gap, pour exiger une rencontre avec la FDSEA 05.

COMMUNIQUE DU SYNDICAT DES GARDIENS ET GARDIENNES DE TROUPEAUX CGT PACA
Ce 18 novembre nous venons exiger de rencontrer la FDSEA 05 et obtenir des engagements de leur part sur l’amélioration de nos conditions de travail dans le département.
Lors de la dernière rencontre prévue, la FDSEA 05 a quitté la réunion à peine arrivée, prétextant des propos diffamatoires de notre part dans notre dernier tract. Le tract en question : une simple énumération des difficultés rencontrées par les gardiens et gardiennes de troupeaux en France, pendant l’été 2025.
Comment une simple description peut-elle provoquer une telle levée de boucliers? La FDSEA 05 doit regarder la réalité en face, entendre nos réalité de travail et prendre ses responsabilités.
D’autre part au niveau national, la FNSEA suspend les négociations et nous renvoie au niveau local. Dans le département du 05, voilà 3 ans qu’ont commencées les discussions sur la mise en conformité de l’avenant départemental, et rien n’avance.
De nombreuses séances de discussions ont eu lieu sur les questions des chiens de conduite et des équipements : nous exigeons aujourd’hui que nos revendications soient entendues et qu’un accord soit trouvé sur ces questions. Dans aucune autre profession, les salarié.es payent pour pouvoir travailler.
La dernière rencontre, avortée, devait être consacrée à la prise en compte de l’expérience pour les ouvriers agricoles. Pour nous gardiens et gardiennes de troupeaux, cette question est centrale : avec une expérience peu ou pas reconnue, nombre d’entre nous arrête le métier au bout de quelques années seulement. Nombre d’autres sont toujours payés au smic après des années d’exercice, alors même que notre métier exige une grande autonomie et de nombreuses qualifications. Nous savons que du côté employeur pouvoir embaucher des travailleur/euses formées et qualifiés est un enjeu.
Nous attendons aujourd’hui des engagements sur la retranscription des échelons et des niveaux que contient l’avenant départemental : notre expérience doit être prise en compte.
Par ailleurs, comme en témoigne le tract de la discorde, l’été 2025 a été très difficile pour les salariés.. Nous avons besoin d’avancées sérieuses sur la mise en conformité, et d’aller vers de réelles négociations.
Mort au travail, fulgurations, intoxication a l’eau, au monoxyde de carbone, dérochages… Le prix de cet été est très lourd pour la profession. Nous demandons une prime de risque.
En tant que saisonniers agricoles nous sommes exclus du dispositif de prime de précarité. Pourtant nos emplois sont rudes et offrent souvent moins de garanties qu’un CDD classique. Ils ne garantissent pas un emploi perenne, ni de pouvoir subvenir a nos besoins. Ce sont des emplois précaire, et mal payés. Nous demandons l’application de la prime de précarité sur l’ensemble des contrats agricoles précaires.
D’autres thématiques centrales devront être abordées : palier minimum, journées d’emmontagnage et de démontagnage, utilisation des véhicules personnels, des véhicules de services…
Sur les questions salariales et administratives, dans le 05, nous avons recensé cet été un grand nombre d’erreur sur les fiches de paies et les heures supplémentaires, des absences de contrat, des contrats non conformes à ce qui a été convenu qui arrivent tard, des déclarations à mi temps pour des temps complets… En tant que représentant des employeurs et gestionnaire de paie pour nombre de contrats, la responsabilité de la FDSEA 05 est engagée.
Pour toutes ces raisons, l’annulation des discussions en cours est irresponsable. Face a cet état de fait, nous continuerons de dénoncer les réalités de notre métier, jusqu’à la signature d’un accord prenant des dispositions concrètes visant à améliorer les conditions de travail et de rémunérations des gardien.nes de troupeaux et des salariées agricoles. Comme depuis 3 ans, nous sommes prêts a nous mettre autour de la table. Il y a urgence à ce que les choses changent.







Suite logique de l’offensive néo-libérale à l ‘oeuvre depuis plusieurs décennies, le budget proposé par François Bayrou fait déborder le vase.
Gardiennes et gardiens de troupeaux, nous ne voulons plus !
Nous ne voulons plus renoncer à nos droits, pas plus qu’à la satisfaction de nos besoins
fondamentaux, au profit d’une classe possédante qui ne nous apporte rien !
Nous ne voulons plus d’un gouvernement bourgeois, qui entérine chaque jour le droit du patronat à usurper une part toujours plus grande de la valeur créée par notre travail.
Tout est à nous !
Notre travail est la source de toute richesse. Les exonérations de cotisations sociales, et autres cadeaux fiscaux faits au patronat (petit patronat compris), capturent ces richesses au profit d’une minorité.
Notre niveau de vie est directement impacté.
Les réformes successives de l’assurance chômage ont durement aggravé notre précarité matérielle, comme pour l’ensemble des travailleurs saisonniers.
Nous ne voulons plus travailler gratuitement, dans des conditions toujours plus
dégradées, et pour enrichir une poignée d’individus.
Des contrats de 35 à 44h pour un temps de travail effectif de 60 à 80h semaine ! La moitié de notre temps de travail n’est pas rémunérée. Notre droit au repos n’est pas respecté. Nous logeons dans des taudis. Les accidents de travail se multiplient. Bien travailler, ça coûte trop cher !
La production agricole doit satisfaire des besoins vitaux. Comme toutes les productions essentielles (santé, énergie,,…), elle doit se libérer des injonctions aberrantes du capital.
Nous refusons que le travail blesse, nous refusons que le travail tue.
Notre travail doit nous permettre de vivre dignement, en période d’activité comme en période de chômage.
Pour toutes ces raisons, le SGT-CGT affirme son soutien aux mobilisations
annoncées et appelle ses syndiqué.e.s à rejoindre le mouvement :
grève, soutien de piquets de grève (y compris dans d’autres secteurs productifs), participation aux assemblées, blocages, etc.
Ces mobilisations se présentent comme une occasion de renforcer le mouvement ouvrier en rapprochant l’ensemble des travailleuses et travailleurs.
La construction et le renforcement d’une véritable conscience de classe nous semblent essentiels à l’élévation du rapport de force et déterminants pour la capacité du mouvement à obtenir des victoires significatives.
Aussi, souhaitons-nous voir celui-ci s’affranchir au plus vite de toute vélléité interclassiste, celles-ci n’ayant d’autre effet que le désarmement de la classe ouvrière (entendue comme l’ensemble du salariat).
Travailleuses, travailleurs, unissons nous !
Travailleuses et travailleurs agricoles, nous sommes exploités par des patrons qui s’autodésignent « petits ». On leur consent trop facilement ce qualificatif, même à gauche. Ce faisant, on renonce à les situer dans les rapports de production, on renonce à protéger celles et ceux qu’ils exploitent. Le prolétariat agricole est ignoré, piétiné. Nous avons plus en commun avec les camarades exploités chez Bonduelle, Lactalis, Neuhauser,etc. qu’avec des exploitants, même quand ils et elles se disent « paysans ».
En tant qu’organisation de travailleurs et de travailleuses, nous n’accepterons pas de voir nos exploiteurs se hisser au rang des victimes. La défense de nos intérêts de classe doit rester notre priorité.
Lénine écrivait qu’ « une situation prérévolutionnaire éclate lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, ceux d’en bas ne veulent plus. »
En bas, nous sommes déterminé.e.s.
La création du SGT-Cévennes, Syndicat des Gardien.ne.s de Troupeaux a rejoint la dynamique de lutte déjà existante des SGT-CGT. Afin de revendiquer les conditions de travail et pour mettre en lumière la réalité et les difficultés de ce métier souvent idéalisé, une rencontre a été organisée à Saint-Jean-du-Gard sous le nom de Massif Attaque.
Voici la vidéo publiée par Télédraille suite à cette troisième édition de Massif Attaque du 25 au 27 avril 2025.
Voir la vidéo sur le site de Télédraille

Dans le cadre du Festival Primevère à Lyon en mars, nous avions pu discuter avec le journal L’Âge de faire, et voilà l’article qui à suivi.
Écouter l’article en version audio sur le site du journal L’Âge de faire
Lire l’article sur notre site:
Lire la suite : Il était une bergère… qui f’sait la lutte des classes ! – Article de l’Âge de faire
A écouter sur radio Aïoli : le reportage sur la mobilisation du SGT
Février 2025. Cette année encore, le SGT s’est invité à la foire de Saint Martin de Crau, une sorte de fête officielle du pastoralisme, avec des officiels justement, des éleveurs éleveuses, des bêtes, des bergers bergères et un public curieux. Le SGT y a posé un stand et une présence, avec l’appui de l’union locale CGT, pour rencontrer les gens, parler, tracter. Et mettre des grains de sables dans cette machine lisse et bien huilée.
Nous avons profité de ce rassemblement de SGT dans la région, pour discuter autour du micro avec plusieurs d’entre elleux.
Merci à Eglantine, Benoit, Celia, Lison, JC, d’avoir partagé leur témoignage. Merci à Noé et aux copaines pour les prises de son.
Durée : 54 minutes // Musique : Boucan – Hannah 89, sur l’album Ballad of John Kairos
Les SGT-CGT se sont réunis à Saint-Jean-du-Gard ce weekend pour une nouvelle édition de Massif Attaque. Cette troisième édition a rassemblée plus de 300 personnes autour de la lutte des gardiens de troupeaux.

Le weekend a débuté vendredi par une journée de formation pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail. En agriculture, nous sommes régulièrement victimes de misogynie ou d’homophobie. Les situations de harcèlement et les agressions sexuelles sont fréquentes dans notre travail, et renforcées par l’isolement. Il est essentielle de nous organiser pour que cessent les violences.
L’atelier « négocier son embauche » a permis à de nombreux salariés de se former sur le droit du travail et d’appréhender de manière combative la saison qui vient.
Durant la discussion sur la réforme du RSA et la précarité, les camarades du CNTPEP ont rappeler que le chômage est un choix politique, fait par le pouvoir et le patronat, pour maintenir la pression sur les salaires et les conditions de travail. De cette manière, ils exercent un chantage à l’emploi permanent, nous obligeant à accepter n’importe quel emploi, à n’importe quel prix.
Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site du Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires :

Lors de la table ronde « Paysannerie » et lutte des classes, nous avons débattus de la question suivante:
Pourquoi le « mouvement paysan » – tel qu’il se construit aujourd’hui – reste un frein, voire une impasse, pour les luttes du salariat agricole ?
Le patronat n’a de cesse d’invisibiliser les rapports d’exploitation qui existent en agriculture, et ainsi, d’invisibiliser les ouvriers agricoles et leurs luttes. L’installation est présentée par le monde paysan comme la seule voie de promotion sociale possible pour un ouvrier agricole. Une solution individuelle, donc, au détriment de la lutte collective des ouvriers pour l’amélioration de leurs conditions de travail et l’augmentation des salaires.

Une troisième édition réussite, riche de débats et de rencontres, et qui s’est terminée par la fête et les concerts.
